samedi 20 août 2011

Le coût des improductifs

Qu'est ce qu'un improductif?
Le terme "improductif" est souvent utilisé par les employeurs pour désigner ces personnes qui ne rapportent pas directement de l'argent.
Il ne s'agit pas ici de personnes qui font du tire au flan ou font tout leur possible pour en faire le moins possible.
Les improductifs dont-il est question sont plutôt ces secrétaires, ces comptables ou ces gestionnaires (de stock, de clients, etc) qui ne produissent pas à proprement parler.
Ces improductifs n'ont pas l'air aussi affairé que les ouvriers de production qui assemblent, construisent, montent ces machines, appareils et marchandises que l'on retrouvent tôt ou tard dans les rayonnages de magasins. Ces improductifs n'ont pas l'air non plus de ramener de l'argent à la société comme le font les services de ventes (vendeurs, représentants, etc).

Pourquoi cet article sur le cout des improductifs?
Et bien, c'est parce que ce cout des improductifs est souvent utilisé par les employeurs pour mettre en lumière le fait que ces dits "improductifs" coutent chère à la société... et laisse malheureusement le sous entendu "qu'ils ne font pas grand chose pour rapporter de l'argent".
Dans le même ordre d'idée, c'est aussi cet argument des "improductifs" qui est utilisé pour geler les engagements dans certains services alors que l'on se retrouve en pleine période de reprise économique.
Les patrons regardent avant tout à dégager du bénéfice... et donc à limiter les coûts.
L'excuse invoquée de geler les engagements des improductifs tombe a point avec pour conséquence d'augmenter la pression sur ces "services d'improductifs". Et en pleine reprise économique, Dieu sait que la quantité de travail augmente rapidement mais surtout fortement.
Quelle pression sur ces improductifs qui dans certains cas font des Burn-out...

Cet article a aussi faillit s'appeler "la part des improductifs" car il démontrera que les dits "improductif" ne sont pas si improductifs que cela.

Critique de cas pratiques
Cas 1: le service comptabilité
Mon épouse travaille dans le service comptabilité d'une société d'approximativement 600 personnes.
Suite à la petite récession économique de ces quelques dernières années (jsqu'en 2011), la société à décidé de geler les engagements plutôt que d'opter pour une série de licenciement sec.
Maintenant que l'activité économique redémarre, les engagements sont tolérés sous conditions. L'une d'entre elles est, en autre, que cela concerne directement les productifs.
Il est donc possible d'engager (sous conditions) du personnel pour les chaînes de productions, les opérateurs d'approvisionnements, etc.
Par contre, pas question d'engager secrétaire ou personnel dans les autres services tels qu'informatique, service des achats et... la comptabilité.
La société fait fonctionner son service financier avec 8 personnes et un intérimaire (récent) hors management... pour une société de 600 personnes.
La production augmente, donc les achats, les mouvements de stocks, les factures, les documents de douanes, la pression des clients et des fournisseurs. En gros, le processus s'accélère, s'emballe MAIS pas question d'engager un improductif de plus dans le service financier pour supporter l'effort.

L'erreur de jugement:
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, un comptable (ou toute personne d'un service financier) n'est pas un improductif.
Et pour cause, il est un des rouages essentiel de la société.
S'il ne traite ni les factures, ni les paiements suffisament prestement c'est toute la production qui va gripper à un moment ou a un autre.
Si le rythme de production augmente, les documents a traiter augmentent aussi.
Difficile donc de réduire le fonctionnement financier à une charge "improductive".

La conséquence:
Elle est simple, les employés seront de plus en plus débordés... la société accumulera du retard de traitement sur le plan financier... ce qui entrainera des heurts de production voire des situation d'urgence à répétition.
Une fois dans cette situation, les problèmes de santé ne tarderons plus à faire leur apparition.

Pour une plus grande équité:
Pour rendre la situation plus équitable, il ne faudrait pas considérer que le seul service de production représentre 100% de la production.
Il faudrait ventiler le pourcentage de la production sur les divers services dont dépend la bonne marche productive.
Ainsi, a titre d'exemple, l'on pourrait répartir les 100% de la production comme suit:
* 60% pour la chaine de production directe
* 20% pour les services d'envoi/réception
* 7% services informatiques (qui supportent la production)
* 7% services financier (qui supportent aussi la bonne marche)
* 6% pour le restant des services dit "improductif" (comme les secrétaria, HR, etc).

Ainsi donc, il serait possible de considérer des engagements en rapport avec la vraie valeur productive des différents services.

Cas 2: Le gestionnaire de stock
J'ai récemment changé d'orientation professionnelle et suis passé de la programmation informatique à gestionnaire de stock, support informatique et tâches administratives diverses dans le futur.
A ce titre, j'ai eu l'occasion de me rendre compte que mon nouvel emploi était considéré comme une charge brute, de type "improductif" que la société devra absorber.
En effet, il est difficile de voir un quelconque rapport productif dans mon emploi si on le met en balance avec les représentants qui eux démarchent les clients et semblent, eux, rapporter l'argent au bercail.
Si les propos étaient dit sans aucune animosité ni aucune intention de blesser, j'en ai conçu une certaine gêne.
Et pour cause, je pense qu'ici aussi il y a une erreur de jugement notoire.

L'erreur de jugement:
A titre d'exemple, il arrive fréquement que les représentants appellent directement la société pour consulter la disponibilité du stock ou bien encore faire envoyer un fax de commande.
Derrière le fax et le téléphone se trouve donc un employer administratif qui s'efforce de transformer l'information en commmande concrête dans un système informatisé et par la suite à préparer la dite commande pour qu'elle soit envoyée par colis, voire même être préparée pour un dépôt par le représentant.
Dans ce cadre productif, le représentant est-il le seul maillon de la chaîne à produire de l'argent? A votre avis, que se passerait-il s'il n'y avait pas les salariés dit "improductif" derrière les démarches commerciales des représentants? Même l'acte de facturation est essentiel à la survie de la société.
Mais encore, que pourrait bien vendre le représentant si le stock n'est pas correctement achalandé? Quel délai de livraison pourrait-il assurer?
A l'inverse, sans représentant, le carnet de commande resterait probablement bien vide... et la société en préparation d'un futur dépôt de bilan.

Une plus grande équité:
Encore une fois, et comme c'tait le cas avec le comptable, il faudrait envisager une ventilation de l'aspect productif.
Encore une fois, le représentant n'est pas le seul élément productif produisant une plus value dans la société. S'il est le seul à travailler (à produire), l'argent ne rentrera pas dans les caisses.
Ici aussi, il faudrait envisager une ventilation des 100% de la production financière de la société en rapport avec l'importance des différents postes de la chaîne logistique.
* 60% pour le démarchage clientelle
* 20% pour les services d'envoi/réception/tenue de stock.
* 10% Le support de commande et aide techniques (informatique)
* 10% Restant des services dit "improductif" comme la facturation, suivit clientelle, etc. Des services pourtant essentiels.

Conclusion
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il existe des possibilités de valoriser le travail des improductifs.
C'est aussi une façon de reconnaître leur place dans les rouages de la chaîne productive et donc leur réelle nécessité.
Valoriser le travail de l'improductif c'est aussi valoriser l'employer qui s'investit dans son travail.
En effet, réduire un employé au simple rang d'improductif c'est le destituer du résultat de ses efforts mais plus important encore, c'est aussi négliger sa valeur sur le plan humain.
Les hommes ne sont pas des machines, les traiter comme des machines, c'est s'exposer à des problèmes de grippage.

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